- 1. D’où vient l’idée qu’une lame corresponde à un signe
- 2. La table des douze signes, lame par lame
- 3. Les lames qui ne relèvent pas d’un signe mais d’un astre
- 4. Deux erreurs qui circulent sur ces correspondances
- 5. L’Amoureux, arcane VI, signe des Gémeaux
- 6. Notre façon de croiser le ciel et les lames
- 7. Ce que vous nous demandez le plus
- 8. Ce que cette lecture ne fera pas
Beaucoup de manuels affirment que chaque lame du tarot « correspond » à un signe du zodiaque, sans jamais dire d’où sort cette table ni qui l’a établie. Elle existe pourtant, elle est datée, et savoir de quand elle date change complètement la façon de l’utiliser dans un tirage amoureux.
Les correspondances entre arcanes majeurs et signes astrologiques ne remontent ni à l’Égypte ni au Moyen Âge : elles ont été fixées par des cercles occultistes anglais à la fin du XIXe siècle. Douze lames vont aux douze signes, sept aux astres traditionnels, trois aux éléments. Cette grille enrichit un tirage amoureux comme une seconde langue, elle ne le rend pas prédictif pour autant.
En bref
- La table 12 signes + 7 astres + 3 éléments couvre exactement les 22 arcanes majeurs.
- L’Étoile va au Verseau, pas à la Vierge : l’erreur circule beaucoup.
- L’Amoureux va aux Gémeaux, ce qui en fait la lame du choix et de la parole double.
- Croiser ciel et cartes multiplie les images, jamais les certitudes.
D’où vient l’idée qu’une lame corresponde à un signe
Elle vient d’une reconstruction savante, plutôt tardive, et il vaut mieux le savoir. Le tarot circule en Europe comme jeu de cartes bien avant qu’on lui prête un sens caché. C’est Antoine Court de Gébelin, pasteur et érudit, qui lui invente vers 1781 une origine égyptienne sans la moindre preuve historique, dans son Monde primitif. Deux ans plus tard, en 1783, Etteilla publie le premier manuel de divination par le tarot et met au point l’étalement ainsi que la lecture droit et renversé.
Les correspondances astrologiques, elles, viennent après. Ce sont les occultistes anglais de la fin du XIXe siècle qui alignent méthodiquement les 22 arcanes majeurs sur le zodiaque, les planètes et les éléments. C’est cette table qui circule aujourd’hui dans presque tous les livres, y compris ceux qui la présentent comme immémoriale.
Le dire franchement ne l’affaiblit pas. Une convention d’un siècle et demi, partagée par des milliers de lectrices, reste un langage commun parfaitement utilisable. Elle cesse simplement d’être une loi de l’univers pour redevenir ce qu’elle est : un système d’images cohérent, né d’une époque et d’un milieu identifiables.
La table des douze signes, lame par lame
Voici la correspondance de référence, celle qui fait consensus, avec ce qu’elle apporte concrètement quand la question posée porte sur une relation.
| Signe | Arcane majeur | Ce que le croisement apporte en amour |
|---|---|---|
| Bélier | L’Empereur, IV | Le besoin de cadre, parfois confondu avec le besoin de contrôle |
| Taureau | Le Pape, V | L’engagement qui se dit devant témoins, la promesse tenue |
| Gémeaux | L’Amoureux, VI | Le choix suspendu, la parole qui hésite entre deux versions |
| Cancer | Le Chariot, VII | Avancer sans quitter sa carapace, l’élan protégé |
| Lion | La Force, XI | Le désir apprivoisé plutôt que dompté |
| Vierge | L’Hermite, IX | Le retrait nécessaire avant une décision de cœur |
| Balance | La Justice, VIII | Ce qui se donne et ce qui se reçoit, mis sur la balance |
| Scorpion | L’arcane sans nom, XIII | La transformation d’un lien, rarement son anéantissement |
| Sagittaire | Tempérance, XIV | Le bon dosage, le rythme d’une relation plutôt que sa vitesse |
| Capricorne | Le Diable, XV | L’attachement qui tient par autre chose que le désir |
| Verseau | L’Étoile, XVII | L’espoir qui se remet à circuler après une période sèche |
| Poissons | La Lune, XVIII | Les sentiments devinés plutôt que vérifiés |

les différents signes de l’univers
Les lames qui ne relèvent pas d’un signe mais d’un astre
Douze arcanes sur vingt-deux sont pris par le zodiaque. Sept autres reviennent aux astres errants de l’Antiquité, ceux-là mêmes qui ont donné leur nom aux jours de la semaine.
- Le Bateleur, I, va à Mercure : le début, l’habileté, la parole qui ouvre.
- La Papesse, II, va à la Lune comme astre : ce qui se garde et ne se dit pas encore.
- L’Impératrice, III, va à Vénus : la fécondité au sens large, le plaisir, l’abondance sensible.
- La Roue de Fortune, X, va à Jupiter : les cycles, ce qui remonte et ce qui redescend.
- La Maison Dieu, XVI, va à Mars : la structure qui cède d’un coup, pas la maison du foyer.
- Le Soleil, XIX, va au Soleil : la clarté, ce qui peut enfin être montré.
- Le Monde, XXI, va à Saturne : le cycle bouclé, le temps qui a fait son travail.
Restent trois lames, le Mat, le Pendu et le Jugement, rattachées aux éléments plutôt qu’à un corps céleste. Douze, plus sept, plus trois : le compte des vingt-deux arcanes majeurs tombe juste, et c’est précisément l’élégance de cette table qui explique sa diffusion.
Deux erreurs qui circulent sur ces correspondances
La première revient partout, y compris sur des sites très fréquentés : l’Étoile n’a rien à voir avec la Vierge. Elle est rattachée au Verseau. Le signe de la Vierge, lui, revient à l’Hermite. La confusion vient sans doute de l’imagerie de la lame, une jeune femme nue versant deux cruches, qu’on rapproche spontanément d’un signe féminin.
La seconde tient à la numérotation. Dans le tarot de Marseille, gravé notamment par Nicolas Conver en 1760, la Justice porte le VIII et la Force le XI. Dans le jeu illustré par Pamela Colman Smith en 1909, les deux numéros sont échangés, précisément pour coller à l’ordre du zodiaque. Le rattachement Balance pour la Justice et Lion pour la Force, lui, ne bouge pas d’un jeu à l’autre. Si votre livret annonce « l’arcane VIII », vérifiez de quel jeu il parle avant de conclure quoi que ce soit.
L’Amoureux, arcane VI, signe des Gémeaux
C’est la lame que l’on espère le plus dans un tirage amoureux, et celle que l’on comprend le moins bien. Son titre est au singulier : elle montre celui qui choisit, pas le couple constitué. Le rattachement aux Gémeaux, signe double et bavard, accentue exactement cette lecture. Ce que raconte l’Amoureux, c’est une hésitation qui dure, deux versions de soi qui ne se décident pas.
Ses voisines dans un étalement modifient beaucoup son message. Voici les associations que nous rencontrons le plus souvent en consultation.
- Avec l’Hermite (Vierge). Le repli avant la décision. Ce n’est pas une fuite, c’est le temps qu’il faut pour que le choix mûrisse. Deux lames lentes côte à côte : rien ne se tranchera cette semaine.
- Avec la Roue de Fortune (Jupiter). Un tournant qui vient de l’extérieur, une nouvelle qu’on n’attendait pas. La question n’est plus « que vais-je décider » mais « comment vais-je accueillir ce qui arrive ».
- Avec l’Empereur (Bélier). Le choix se formalise : présentation aux proches, emménagement, engagement dit à voix haute. La lame ajoute du poids et de la structure, parfois plus que ce que la relation peut en porter.
- Avec le Monde (Saturne). Un cycle qui se referme proprement. Une belle association, à condition de se souvenir qu’un aboutissement peut aussi être une fin assumée.
- Avec la Justice (Balance). L’heure de regarder les faits plutôt que les intentions. Ce duo demande de trancher sur ce qui est réellement partagé, pas sur ce qui était promis.

Les 6 cartes clés du tarot amoureux
Notre façon de croiser le ciel et les lames
L’ordre compte, parce qu’une lecture astrologique posée trop tôt oriente le tirage au lieu de l’éclairer.
- Tirer d’abord, sans rien savoir du ciel du jour. Les cartes sortent, on les décrit, on note ce qu’elles montrent.
- Repérer les lames qui portent un signe. Sur cinq cartes, il y en a rarement plus de deux : ce sont elles qui ouvriront la lecture astrologique.
- Regarder ensuite le thème, jamais le seul signe solaire. La position de Vénus et de la Lune dit bien davantage sur une façon d’aimer que le signe du mois de naissance.
- Garder une phrase, une seule. Celle que vous pourriez répéter demain sans le jeu devant vous. Si elle ne vient pas, la lecture n’a pas abouti, et insister ne fera qu’ajouter du bruit.
Nous appliquons la même discipline aux lectures qui suivent le cycle lunaire, détaillées dans nos tirages de tarot amour associés aux phases de la Lune, où le calendrier sert de cadre et non de prédiction.

tirage en croix spécial amour
Ce que vous nous demandez le plus
Faut-il connaître son thème astral pour lire le tarot ?
Non, absolument pas. Les correspondances sont un supplément d’image, pas un prérequis. Des lectrices très expérimentées n’en tiennent aucun compte et travaillent uniquement sur le dessin des lames.
Ma lame de naissance annonce-t-elle mes histoires d’amour ?
Elle ne les annonce pas. L’arcane associé à votre signe solaire propose un climat, une tonalité, rien de plus. Deux personnes du même signe vivent des relations parfaitement dissemblables, et aucune table de correspondances ne prétend le contraire.
Les jeux modernes suivent-ils tous cette table ?
Loin de là. Beaucoup d’oracles récents inventent leurs propres attributions, parfois séduisantes, souvent différentes de la table historique. Ce n’est pas une faute, à condition que le livret l’assume au lieu de faire passer un choix d’éditeur pour une tradition.
Ce que cette lecture ne fera pas
Elle ne dira pas si la personne à qui vous pensez reviendra, ni quand. Elle ne mesurera pas une compatibilité, et nous nous méfions des lectures qui promettent un pourcentage d’entente entre deux thèmes. Le tarot comme l’astrologie relèvent de la tradition divinatoire et de la croyance, sans validation scientifique et sans valeur de certitude.
Quand une relation fait durablement souffrir, ou qu’une rupture occupe toutes les journées depuis des mois, une conseillère conjugale ou un professionnel de l’écoute apportent ce qu’aucun étalement ne donnera. Nous le disons à chaque fois que la question se pose, et nous continuerons.
Approfondir
Les mêmes correspondances, mises au travail dans un tirage de cartomancie.
La Brigade de la Vérité, mise à jour du 15 août 2026. Repères cités : origine égyptienne du tarot inventée par Antoine Court de Gébelin vers 1781 dans Le Monde primitif ; premier manuel de divination par le tarot publié par Etteilla en 1783 ; table de correspondances arcanes, signes, astres et éléments établie par les cercles occultistes anglais de la fin du XIXe siècle ; tarot de Marseille gravé par Nicolas Conver en 1760, Justice VIII et Force XI, numéros inversés dans le jeu illustré par Pamela Colman Smith en 1909. Contenu relevant de la croyance et de la tradition, sans valeur scientifique ni prédiction certaine, et ne remplaçant aucun accompagnement professionnel.


