« Éveiller la passion spirituelle » : la formule est belle, et elle arrive presque toujours au moment où la passion tout court s’est retirée. Nous avons appris à écouter ce qu’il y a dessous avant de poser la moindre carte, parce que la demande n’est jamais celle qu’on croit.
La voyance amoureuse et la méditation d’inspiration tantrique ne rallument pas un désir sur commande. Ce qu’elles offrent, c’est un ralentissement : l’une met un mot sur ce qui vous traverse, l’autre vous laisse le temps de le sentir. La passion, quand elle revient, revient par la place qu’on lui a rendue, pas par la technique employée.
En bref
- Trois mots reviennent partout sans jamais être définis : kundalini, néo-tantra, éveil.
- Une consultation utile déplace la demande, de « rallumer » vers « regarder ce qui s’est éteint ».
- La pratique solitaire tient en quatre temps courts, et se pratique le soir plutôt qu’à jeun le matin.
- Avant tout stage : vérifier le cadre, le consentement et ce qui est facturé.
Trois mots employés partout, définis nulle part
Ils circulent dans les descriptions de stages et les vidéos, avec l’assurance des évidences. Aucun ne veut dire ce qu’on lui fait dire, et cette confusion a des conséquences très concrètes sur ce que les gens attendent d’une séance.
Kundalini
Néo-tantra
Éveil
Ce qu’une consultation fait d’une demande de passion
Elle la déplace. Personne ne vient nous voir pour un concept : on vient parce qu’on ne se touche plus, parce qu’on dort dos à dos, parce qu’on se demande depuis quand la dernière fois remonte. Le mot spirituel sert souvent d’enveloppe convenable à quelque chose de beaucoup plus nu.
Notre travail commence là. Nous ne demandons jamais si la passion peut revenir, question à laquelle aucune carte ne répond honnêtement. Nous demandons ce qui a pris sa place. Le tirage porte sur cette occupation-là, et il est rare que la réponse soit romanesque : la fatigue, un enfant, un déménagement, une rancune vieille de deux ans qui n’a jamais été dite.
Il arrive que la réponse soit plus dure et qu’un désir se soit éteint pour de bon. Nous le disons quand les cartes vont dans ce sens, sans le maquiller. Une lecture qui ne sait dire que oui ne sert à rien.
La pratique en solitaire, quatre temps
Elle se pratique seule, sans partenaire et sans matériel. Nous la proposons ainsi parce qu’une pratique qui dépend de l’accord de l’autre devient vite une pression de plus dans un couple déjà tendu.
- S’asseoir dix minutes, le soir. Le dos droit, les yeux mi-clos, sans consigne de respiration compliquée. Le soir plutôt que le matin : le corps est disponible, et c’est le moment où la journée remonte.
- Laisser venir une sensation, une seule. Une chaleur, une crispation, un vide dans la poitrine. On ne la commente pas, on la garde en tête. C’est le seul matériau du tirage qui suivra.
- Tirer deux lames. Une pour ce que la sensation raconte, une pour ce qu’elle demande. Deux, pas davantage : au-delà, on se met à écrire une histoire, et l’histoire recouvre la sensation.
- Écrire une phrase, et refermer le jeu. Une ligne dans un carnet, datée. Relue trois semaines plus tard, cette suite de phrases dit souvent plus que n’importe quelle grande séance.
À deux, la démarche change de nature et demande un cadre différent, que nous détaillons dans notre lecture du tirage posé comme support de parole entre partenaires.
Osho, et ce que ce nom traîne derrière lui
Impossible de parler de tantra en Occident sans croiser ce nom, alors autant le poser en entier. Osho, né Chandra Mohan Jain le 11 décembre 1931 et mort le 19 janvier 1990, a enseigné la philosophie à l’université de Jabalpur avant de devenir le maître spirituel que l’on sait. On lui doit la méditation dynamique, décrite à partir de 1970, et l’ashram de Pune ouvert en 1974.
La suite est moins citée dans les brochures. Installée en Oregon à partir de 1981, la communauté de Rajneeshpuram a été à l’origine, en 1984, d’une contamination volontaire de buffets de restaurants à The Dalles : 751 personnes malades, 45 hospitalisations. Sa secrétaire, Ma Anand Sheela, a été condamnée en 1986 ; Osho a été expulsé des États-Unis en 1985.
Nous ne racontons pas cela pour salir une pratique que beaucoup vivent bien. Nous le racontons parce qu’un enseignement se juge aussi à ce qu’il a produit quand il a eu du pouvoir, et parce que le silence sur ce point est, lui, franchement suspect. Le même principe de prudence vaut pour les auteurs contemporains du genre : Joe Dispenza est un auteur réel et très lu, mais ses thèses sur la transformation de la matière par la pensée n’ont aucune reconnaissance scientifique, et nous ne les présentons jamais autrement.
Avant de vous inscrire à un stage
Le néo-tantra se pratique en groupe, souvent en résidentiel, parfois dans un dénuement partiel. Ce cadre n’est pas problématique en soi, il l’est quand personne ne l’a posé clairement. Quatre points à vérifier, toujours avant de payer.
- Le déroulé est écrit. Ce qui se passe, dans quelle tenue, avec qui. Une description volontairement floue est un signal, pas une pudeur.
- Le refus est prévu. Vous devez pouvoir quitter un exercice sans justification et sans commentaire du groupe. Si cette possibilité n’est pas annoncée, elle n’existe pas.
- Le prix est complet. Stage, hébergement, séances individuelles proposées sur place. Les suppléments découverts une fois arrivée sont un grand classique du secteur.
- Aucune promesse de guérison. Un stage qui annonce un effet sur la santé, la fertilité ou une maladie sort du cadre légal, et vous n’avez rien à faire dans cette salle.
Une dernière note, une seule fois : ces pratiques relèvent de traditions spirituelles et de la croyance, sans validité scientifique, sans effet garanti et sans portée médicale. Quand un couple souffre durablement ou qu’une sexualité devient source d’angoisse, un professionnel formé à l’écoute fera un travail qu’aucune carte et aucune assise silencieuse ne feront à sa place.
Le versant cartes
Le même croisement, abordé côté cartomancie, avec un rituel de couple en trois temps.
La Brigade de la Vérité, mise à jour du 16 août 2026. Repères cités : Osho, né Chandra Mohan Jain, 11 décembre 1931, mort le 19 janvier 1990, enseignant de philosophie à l’université de Jabalpur, méditation dynamique décrite à partir de 1970, ashram de Pune ouvert en 1974 ; contamination volontaire de restaurants de The Dalles, Oregon, 1984, 751 personnes atteintes, condamnation de Ma Anand Sheela en 1986, expulsion d’Osho des États-Unis en 1985. Contenu relevant de la croyance et de la tradition, sans valeur scientifique, sans portée thérapeutique et sans prédiction certaine.


