- 1. Ce que recouvre la médiumnité, et ce que le tarot n’est pas
- 2. « L’être cher » : la personne absente ou la personne disparue
- 3. Les jeux qu’on nous cite le plus, et deux erreurs tenaces
- 4. Comment nous tenons une séance à deux voix
- 5. Le deuil n’est pas un terrain de tirage
- 6. Questions fréquentes
Le mot « médiumnité » sert aujourd’hui à désigner à peu près tout : une intuition un peu vive, un rêve marquant, une séance à trois cents euros. Quand on nous écrit pour savoir si le tarot permet de « joindre l’esprit de l’être cher », la première chose à faire est de démêler ce qu’on met derrière ces mots.
Le tarot amoureux et la médiumnité ne font pas le même travail. Les cartes donnent un support symbolique stable, que n’importe qui peut relire à froid ; la médiumnité repose sur le ressenti d’une personne, invérifiable par définition. On peut les associer dans une séance, à condition de ne jamais présenter la seconde comme une preuve de ce que disent les premières.
En bref
- Les cartes fournissent un cadre, le médium fournit une lecture : deux registres différents.
- « L’être cher » recouvre deux situations très éloignées, à ne surtout pas confondre.
- Aucune séance ne garantit un contact, ni un message, ni une réponse.
- Un deuil récent appelle un accompagnement humain, pas un tirage.
Ce que recouvre la médiumnité, et ce que le tarot n’est pas
La médiumnité désigne la capacité que certaines personnes disent avoir de percevoir des présences, des images ou des messages qui ne viendraient pas d’elles. Cela relève de la croyance et de la tradition spirite, jamais d’un savoir démontré, et nous préférons l’écrire une fois clairement plutôt que de l’enrober.
Le tarot fonctionne autrement. Il propose 78 lames dont le sens est fixé par une tradition écrite, transmise et discutée depuis plus de deux siècles. La lecture divinatoire des cartes naît d’ailleurs très précisément : l’érudit Antoine Court de Gébelin imagine en 1781, dans Le Monde primitif, une origine égyptienne du jeu sans la moindre preuve, et Etteilla publie en 1783 le premier manuel de divination par le tarot, auquel on doit l’étalement et la distinction droit/renversé.
La différence pratique est simple. Une lame tirée reste sur la table : vous pouvez la photographier, la noter, y revenir dans trois semaines et constater ce que vous en aviez fait. Une impression médiumnique, elle, ne laisse rien derrière elle. C’est pour cette raison que nous posons toujours les cartes en premier.
« L’être cher » : la personne absente ou la personne disparue
Cette expression recouvre deux demandes qui n’ont presque rien en commun, et les mélanger fait des dégâts. Dans la majorité des messages que nous recevons, l’être cher est bien vivant : un compagnon qui s’est éloigné, un silence après une dispute, une relation à distance devenue muette. Dans les autres, il s’agit d’une personne décédée.
| La demande | Ce qu’un tirage peut accompagner | Ce qu’il ne fera pas |
|---|---|---|
| Un partenaire vivant qui s’est éloigné | Mettre à plat ce que vous entretenez, ce que vous attendez, ce que vous n’osez pas dire | Vous dire s’il revient, ni quand |
| Une personne décédée | Poser un rituel de mémoire, formuler ce qui n’a pas été dit | Établir un contact, transmettre une réponse, prouver quoi que ce soit |
| Un lien ancien jamais refermé | Nommer ce qui reste actif chez vous aujourd’hui | Rétablir une relation à votre place |
Regardez la colonne de droite : elle est identique dans les trois cas. Aucune séance, aucun jeu, aucune sensibilité particulière ne fait franchir cette ligne. Nous préférons le dire avant plutôt que de laisser une personne payer pour l’apprendre après.
Les jeux qu’on nous cite le plus, et deux erreurs tenaces
Trois familles reviennent dans les messages. Le tarot de Marseille, dont la gravure de référence est celle de Nicolas Conver, à Marseille, en 1760. Le Tarot des Anges, 78 lames signées Doreen Virtue et Radleigh Valentine, publié chez Exergue en octobre 2013. Et Le Tarot des Fées, également 78 cartes, des mêmes auteurs et du même éditeur.
Une précision honnête sur ces deux derniers, rarement mentionnée : Doreen Virtue a publiquement renié l’ensemble de son travail ésotérique en 2017, après sa conversion au christianisme évangélique, et demande qu’on n’achète plus ses cartes. Son nom a été retiré de plusieurs rééditions au profit de Radleigh Valentine. Cela n’enlève rien à l’attachement de celles qui pratiquent avec ces jeux, mais mérite d’être su.
Seconde erreur, qui circule partout et que l’on nous répète souvent : « le Bateleur correspond au Bélier ». Non. Dans la table de correspondances de référence, le Bateleur est rattaché à Mercure, pas à un signe ; le Bélier va à l’Empereur, le Taureau au Pape, la Balance à la Justice. Ce dernier couple est d’ailleurs le seul que le corpus recopie correctement.
Comment nous tenons une séance à deux voix
Nous procédons dans un ordre fixe, et cet ordre n’a rien d’accessoire : il empêche le ressenti de venir habiller les cartes après coup.
- La question s’écrit avant. Sur papier, en une phrase, commençant par « je ». Une question qui commence par « est-ce qu’il » est reformulée avant de toucher le jeu.
- Les lames tombent en silence. Trois, pas davantage. On les note, on les photographie, on ne commente pas encore.
- Le ressenti vient en dernier, et il est annoncé comme tel. Ce que l’on perçoit s’ajoute à la lecture, ne la remplace jamais, et se dit au conditionnel.
Ce protocole a un effet secondaire utile. Il rend la séance relisable par une autre personne, ce qui est la meilleure protection contre les praticiens qui font dire aux cartes ce que la consultante a laissé échapper cinq minutes plus tôt. Notre approche du décryptage des rêves amoureux suit exactement la même logique de trace écrite.
Le deuil n’est pas un terrain de tirage
C’est notre limite la plus ferme. Quand une perte est récente, ou quand la douleur occupe toutes les journées depuis des mois, aucune lame ne fait le travail à la place d’une écoute réelle. Un professionnel formé au deuil, un médecin traitant ou une association d’accompagnement apporteront ce qu’un jeu de cartes ne peut pas apporter.
Nous refusons également, sans exception, les questions portant sur les circonstances d’un décès ou sur ce que la personne disparue « penserait » d’une nouvelle relation. Ce terrain-là ne se traite pas par la divination.
Questions fréquentes
Faut-il être médium pour tirer les cartes ?
Non. La lecture du tarot s’apprend, se compare et se discute ; elle ne suppose aucun don. C’est même l’un des rares terrains de ce milieu où le travail régulier compte plus que la prédisposition annoncée.
Peut-on demander un message précis à une personne disparue ?
On peut le formuler, personne ne peut garantir qu’il parvienne, encore moins qu’il revienne. Nous présentons toujours ce type de séance comme un rituel de mémoire, jamais comme une transmission.
Un tirage annonce-t-il le retour d’un partenaire ?
Non, et méfiez-vous de quiconque l’affirme. Les cartes éclairent votre position dans la relation, pas la décision d’une autre personne.
Avant de consulter
Ce qui se passe vraiment lors d’une séance de médium par téléphone, sans habillage.
La Brigade de la Vérité, mise à jour du 14 août 2026. Repères cités : Le Monde primitif d’Antoine Court de Gébelin, 1781 ; Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommées tarots d’Etteilla, 1783 ; tarot de Marseille gravé par Nicolas Conver en 1760 ; Le Tarot des Anges et Le Tarot des Fées, Doreen Virtue et Radleigh Valentine, Exergue, 78 cartes chacun. Contenu relevant de la croyance et de la tradition, sans valeur scientifique ni prédiction certaine, et ne remplaçant ni un avis médical ni un accompagnement de deuil.


