Le Tarot amoureux et les archétypes : Les héros et héroïnes de votre histoire

Tirage Tarot Amour

Dans toutes les histoires d’amour qu’on nous raconte en consultation, il y a une distribution de rôles. Le sauveur, la patiente, celui qui met le feu, celle qui répare. Le tarot ne fait pas autre chose que nommer ces rôles, et c’est précisément là qu’il devient utile.

Un archétype est une figure symbolique récurrente, une silhouette qu’on retrouve d’une histoire à l’autre. La notion vient des travaux de Carl Gustav Jung sur l’inconscient collectif ; sa transposition systématique au tarot est bien plus tardive, portée en France par la lecture d’Alejandro Jodorowsky. Dans un tirage amoureux, ces figures servent à repérer le rôle que vous tenez dans la relation, pas à désigner qui est le héros et qui est le méchant.

En bref

  • Quatre ou cinq lames suffisent à couvrir l’essentiel des rôles amoureux.
  • Un archétype se change, c’est même tout l’intérêt de le nommer.
  • La Papesse, l’Impératrice, l’Amoureux, le Diable, le Pendu : la distribution habituelle.
  • Aucun rôle attribué à l’autre personne n’a de valeur, elle n’est pas là pour le contredire.

D’où vient l’idée d’archétype, et ce qu’elle n’est pas

Elle vient de la psychologie analytique, pas de la cartomancie. Carl Gustav Jung a décrit ces figures universelles comme des formes partagées, présentes dans les mythes, les contes et les rêves de cultures qui ne se sont jamais croisées. Le tarot est venu se greffer là-dessus bien plus tard, quand des praticiens du XXe siècle ont vu dans les vingt-deux arcanes majeurs une galerie de personnages prête à l’emploi.

La référence française la plus solide sur ce terrain reste La Voie du Tarot, d’Alejandro Jodorowsky et Marianne Costa, publié chez Albin Michel en 2004. Jodorowsky avait auparavant travaillé avec Philippe Camoin à la restauration du tarot de Marseille, achevée en 1997. C’est de cette filiation que vient la lecture psychologique des lames telle qu’on la pratique aujourd’hui en France.

Ce que l’archétype n’est pas : une étiquette de personnalité. Vous n’êtes pas l’Impératrice comme on est Balance. Vous tenez ce rôle dans cette relation-là, à ce moment-là, et le tirage suivant pourra en désigner un autre.

La distribution habituelle d’une histoire amoureuse

Voici les cinq lames que nous voyons revenir le plus souvent quand une consultante raconte sa relation, avec le rôle qu’elles éclairent et la question qu’elles posent en retour.

Lame Le rôle qu’elle éclaire La question qu’elle renvoie
La Papesse, II Celle qui sait et qui se tait Qu’est-ce que je garde pour moi, et pourquoi ?
L’Impératrice, III Celle qui donne et qui nourrit Est-ce que je donne, ou est-ce que j’achète une place ?
L’Amoureux, VI Celui qui doit trancher Qu’est-ce que je repousse en ne choisissant pas ?
Le Pendu, XII Celui qui attend, la tête à l’envers Mon attente est-elle un choix ou une paralysie ?
Le Diable, XV Celui qui tient par le lien Qu’est-ce qui m’attache là où je ne suis pas bien ?

Une précision de vocabulaire, parce qu’elle traîne partout. La lame II s’appelle La Papesse dans le tarot de Marseille ; ce que beaucoup nomment « la Prêtresse » ou « la Grande Prêtresse » est simplement le nom anglais de cette même carte, pas une figure supplémentaire.

Trois façons de se tromper de rôle

Attribuer l’archétype à l’autre

C’est l’erreur la plus fréquente et la plus confortable. Poser le Diable sur son partenaire règle la question en une seconde : il est le problème, l’affaire est classée. Sauf que la lame ne dit rien de lui, elle dit ce qui vous retient, vous, et ça n’a pas du tout la même conséquence pratique.

Confondre le rôle et la personne

Une consultante nous disait tenir « toujours » l’Impératrice, dans toutes ses histoires. En reprenant ses trois dernières relations une par une, la figure ne tenait que sur la première. Les deux autres relevaient de la Papesse, du silence gardé, ce qui appelait un travail complètement différent.

Chercher un héros

Le vocabulaire du héros et de l’héroïne est séduisant, il donne du souffle à une histoire ordinaire. Il a aussi un défaut : là où il y a un héros, il faut un adversaire. Nous préférons parler de rôles, sans hiérarchie ni camp, parce qu’une relation qui se raconte en bons et en méchants a déjà cessé de se raconter honnêtement.

Un archétype n’est pas un destin. C’est un costume, et personne ne vous oblige à le remettre demain matin.

Deux jeux, deux numérotations

Un détail technique vaut d’être connu avant de comparer des interprétations trouvées ici ou là. Dans le tarot de Marseille, la Justice porte le numéro VIII et la Force le XI. Dans le jeu d’Arthur Edward Waite illustré par Pamela Colman Smith, les deux lames sont inversées : la Force devient VIII et la Justice XI, un choix hérité des travaux de la Golden Dawn pour aligner les cartes sur l’ordre du zodiaque.

Conséquence concrète : deux articles qui parlent de « l’arcane VIII » ne parlent pas forcément de la même chose. Vérifiez toujours de quel jeu vient l’interprétation que vous lisez, sinon vous appliquerez la Force à une question qui appelait la Justice.

Un tirage court pour repérer votre rôle

Deux lames, pas davantage. La première pour le rôle que vous tenez aujourd’hui, la seconde pour celui que vous aimeriez tenir. L’écart entre les deux est la seule chose à interpréter, et il se traduit presque toujours en un geste très banal : une phrase à dire, un message à ne pas envoyer, une soirée à ne pas annuler.

Nous avons consacré un article entier aux figures qui peuplent les jeux de cartes et à leur lecture en amour, si le sujet vous parle : les personnages cachés dans les cartes en cartomancie amoureuse.

Un mot pour finir, et un seul. Cette lecture relève de la tradition divinatoire et de la croyance, jamais d’un savoir établi, et aucune carte n’annonce l’issue d’une relation. Si le rôle que vous tenez vous pèse au point d’abîmer votre quotidien, c’est vers un professionnel de l’accompagnement psychologique qu’il faut se tourner, pas vers un jeu.

La lame du choix

L’Amoureux occupe une place à part dans cette galerie, et se lit rarement comme on le croit.

Interpréter l’Amoureux

La Brigade de la Vérité, mise à jour du 13 août 2026. Repères cités : notion d’archétype issue des travaux de Carl Gustav Jung sur l’inconscient collectif ; La Voie du Tarot, Alejandro Jodorowsky et Marianne Costa, Albin Michel, 2004, après la restauration du tarot de Marseille menée avec Philippe Camoin en 1997 ; inversion des arcanes VIII et XI entre le tarot de Marseille et le jeu d’Arthur Edward Waite illustré par Pamela Colman Smith. Contenu relevant de la croyance et de la tradition, sans valeur scientifique ni prédiction certaine, et ne remplaçant aucun accompagnement professionnel.

Résumer cet article avec :