- 1. Lire pour soi n’est pas lire l’avenir
- 2. Le tirage miroir, en quatre temps
- 3. D’où vient cette lecture psychologique du tarot
- 4. Les ateliers de tarot, et ce qu’on y trouve vraiment
- 5. Chakras et cristaux : deux traditions greffées sur le tarot
- 6. Trois erreurs qui reviennent presque à chaque fois
- 7. Ce qu’un tirage introspectif ne peut pas faire
Il y a deux façons de poser les cartes sur sa propre histoire. La première demande au jeu ce que l’autre pense. La seconde, beaucoup moins confortable, demande ce que l’on fabrique soi-même dans la relation. C’est de celle-là que nous parlons ici.
Un tirage introspectif ne cherche pas à savoir ce qui va se passer. Il met en forme ce que vous ressentez déjà sans parvenir à le nommer : votre place dans le lien, ce que vous attendez sans le demander, ce que vous acceptez sans l’avoir choisi. Les cartes servent de miroir, jamais de verdict.
En bref
- Une question tournée vers soi donne toujours une lecture plus utile qu’une question tournée vers l’autre.
- Écrire ce que vous voyez avant d’interpréter change complètement la qualité du tirage.
- Chakras et cristaux appartiennent à d’autres traditions : ils se greffent au tarot, ils n’en font pas partie.
- Un tirage éclaire une hésitation, il ne traite pas une souffrance installée.
Lire pour soi n’est pas lire l’avenir
La différence tient à la question posée, et elle décide de tout le reste. « Est-ce qu’il va revenir » attend une réponse que personne ne détient. « Qu’est-ce que j’attends de son retour » ouvre un terrain sur lequel les cartes ont réellement quelque chose à dire, parce que la réponse est déjà en vous.
Nous voyons souvent des consultantes reformuler leur question à mi-parcours, et le tirage change de visage sans qu’une seule carte ait bougé. C’est le meilleur signe que le jeu travaille sur votre regard plutôt que sur les faits. Le même mouvement traverse notre lecture des émotions exprimées par les cartes, avec un angle plus centré sur le ressenti immédiat.
Le tirage miroir, en quatre temps
Voici la trame que nous conseillons à qui veut travailler seul, avec un jeu classique et une demi-heure devant soi. Elle tient en quatre étapes, dans cet ordre précis.
- Formulez la question au présent et à la première personne. Pas de futur, pas de « il » ni de « elle » en sujet. Cette contrainte élimine à elle seule la moitié des tirages décevants.
- Tirez trois cartes, positions fixées à l’avance : ce que je donne, ce que je reçois, ce que je préfère ne pas voir. La troisième position est celle qui pique, c’est aussi celle qui sert.
- Décrivez avant d’interpréter. Notez ce que vous voyez sur les cartes, couleurs, regards, gestes, sans chercher le sens. L’interprétation vient après, sur ce que vous avez écrit.
- Reprenez le même tirage trois semaines plus tard, avec la même question. La comparaison des deux lectures dit souvent plus que chacune prise isolément.
D’où vient cette lecture psychologique du tarot
Elle est récente, et il vaut mieux le savoir avant de la présenter comme une sagesse immémoriale. En 1997, le cinéaste et écrivain Alejandro Jodorowsky et le cartier marseillais Philippe Camoin publient ensemble une restauration du tarot de Marseille, à partir des bois de l’atelier Conver. Jodorowsky l’accompagne d’une méthode de lecture orientée vers la compréhension de soi et le dénouement des blocages, exposée dans La Voie du Tarot, écrit avec Marianne Costa et paru chez Albin Michel en 2004.
Cette école a profondément marqué la pratique francophone, la nôtre comprise. Elle n’est pas la seule, et des historiens du jeu contestent l’idée même d’un tarot « originel » à restaurer. Nous la citons donc pour ce qu’elle est : un courant d’interprétation fécond, pas une vérité établie.
Les ateliers de tarot, et ce qu’on y trouve vraiment
On y trouve surtout des regards extérieurs. Lire ses propres cartes a une limite connue de tous les praticiens : on voit ce qu’on a envie de voir. En groupe, quelqu’un finit toujours par relever la carte que vous avez traitée trop vite, et c’est généralement la bonne.
Ces rendez-vous existent dans la plupart des grandes villes, Paris en tête, en librairie ésotérique, en maison de quartier ou chez un praticien indépendant. Trois points valent d’être vérifiés avant de s’inscrire : le prix annoncé pour la séance et ce qu’il inclut réellement, l’absence de promesse de résultat sentimental, et la liberté de repartir sans avoir souscrit à un cycle. Un atelier sérieux ne vend pas la suite pendant la séance.
Chakras et cristaux : deux traditions greffées sur le tarot
Elles viennent d’ailleurs, et le tarot ne les contient pas. Les chakras appartiennent aux traditions indiennes, qui décrivent sept centres énergétiques principaux le long de l’axe du corps. La cristallomancie, elle, désigne à l’origine la lecture dans une surface polie, boule ou miroir, et non l’usage de pierres colorées posées près du jeu.
Aucune correspondance canonique ne relie une carte donnée à un chakra précis : ces tables sont des constructions contemporaines, propres à chaque auteur, et deux ouvrages sur le sujet se contredisent régulièrement. Rien n’interdit de les utiliser, à condition de les présenter pour ce qu’elles sont, des outils personnels de méditation et non un héritage partagé.
Trois erreurs qui reviennent presque à chaque fois
Elles n’ont rien de grave prises isolément, mais elles vident la démarche de son intérêt quand elles s’installent.
- Retirer les cartes jusqu’à obtenir la bonne réponse. Le troisième tirage de la soirée ne dit plus rien de vous, il dit ce que vous vouliez entendre.
- Interpréter à chaud, juste après une dispute. L’émotion recouvre le jeu. Attendre vingt-quatre heures ne coûte rien et change la lecture.
- Faire porter au tarot une décision qui vous appartient. Aucune carte ne demande de partir ni de rester. Elle éclaire ce qui pèse dans la balance, vous seule la penchez.
Ce qu’un tirage introspectif ne peut pas faire
Il ne soigne pas. Un tirage accompagne une hésitation, une période de flottement, une envie de comprendre pourquoi la même scène se rejoue d’une histoire à l’autre. Il n’a aucune prise sur une souffrance installée, sur une emprise, sur une relation qui abîme.
La cartomancie relève d’une tradition symbolique et se pratique comme un support de réflexion et de divertissement introspectif, sans se substituer à un accompagnement psychologique. Quand le lien fait mal au quotidien, un professionnel de l’écoute reste le bon interlocuteur, et nous le disons en consultation aussi souvent qu’il le faut.
Aller plus loin
Ce qui se répète dans vos histoires, repris carte par carte.
La Brigade de la Vérité. Article mis à jour le 10 août 2026. Ouvrage cité : Alejandro Jodorowsky et Marianne Costa, La Voie du Tarot, Albin Michel, 2004 ; restauration du tarot de Marseille par Philippe Camoin et Alejandro Jodorowsky, 1997. Contenu issu d’une tradition divinatoire, sans valeur de certitude sur l’avenir d’une relation.


