Cartomancie amoureuse et écriture automatique : Les mots d’amour des cartes

Cartomancie Amour

Il arrive qu’une consultante nous tende son carnet de tirages. Trois lignes par séance, souvent les mêmes mots, et cette note en marge qui revient : « je ne sais plus quoi en penser ». L’écriture automatique se glisse exactement là, dans le blanc entre la carte posée et l’interprétation qui ne vient pas.

L’écriture automatique consiste à écrire sans relire ni corriger, pendant une durée fixée d’avance, pour laisser passer ce que la réflexion filtre d’ordinaire. Associée à un tirage amoureux, elle n’apporte aucune information sur l’autre personne. Elle rend lisible votre propre réaction aux cartes, ce qui est déjà bien plus utile qu’il n’y paraît.

En bref

  • Tirer d’abord, écrire ensuite : l’ordre des deux gestes change le résultat.
  • Cinq à dix minutes chronométrées suffisent ; au-delà, l’exercice redevient de la rédaction.
  • Le carnet prend sa valeur à la relecture, des semaines plus tard, pas le soir même.
  • Ni les cartes ni le carnet ne disent ce que fera l’autre personne.

D’où vient l’écriture automatique, et ce qu’elle n’a jamais été

Elle vient de deux mondes qui ne se parlaient pas. Le premier est celui des cercles spirites du XIXe siècle, où des médiums écrivaient de longues pages en affirmant les recevoir sous dictée. Le second est littéraire : au printemps 1919, André Breton et Philippe Soupault s’enferment pour écrire à toute vitesse, sans relecture, et publient l’année suivante Les Champs magnétiques, considéré comme le premier texte du surréalisme. Breton en tirera sa définition de 1924, le fameux « automatisme psychique pur ».

Ce détour compte pour nous. Chez les surréalistes, la méthode ne servait pas à interroger l’avenir : elle servait à contourner le contrôle intérieur qui corrige chaque phrase avant qu’elle n’existe. C’est exactement l’usage que nous en faisons autour d’un jeu de cartes. La cartomancie comme l’écriture automatique relèvent de traditions symboliques, proposées ici comme supports d’introspection, sans validation scientifique et sans valeur de certitude.

L’ordre des gestes : tirer, puis écrire

Écrire avant de tirer oriente la lecture, et c’est la raison pour laquelle nous insistons sur cet ordre. Une page rédigée en amont installe une attente ; les cartes n’ont plus qu’à s’y conformer. Voici la séquence que nous transmettons, telle quelle.

  1. Formuler la question à voix haute, une seule fois, puis ne plus y revenir. « Qu’est-ce qui bloque entre nous en ce moment » plutôt que « est-ce qu’il reviendra ».
  2. Tirer trois cartes, faces visibles, alignées, sans les commenter. Le silence de cette étape fait partie du protocole.
  3. Régler un minuteur sur sept minutes. Le chiffre exact importe peu, le fait qu’il soit fixé avant importe beaucoup.
  4. Écrire sans lever le stylo, sans ponctuer si la ponctuation ne vient pas, sans revenir en arrière. Une main qui s’arrête écrit « je ne sais pas quoi écrire » et continue.
  5. Refermer le carnet à la sonnerie. Ne pas relire le jour même, c’est la règle la plus difficile à tenir et la plus rentable.

Ce que chaque outil apporte, et là où il s’arrête

Les deux pratiques ne font pas le même travail, et les confondre produit des séances décevantes. Le tirage offre des images extérieures à vous, sur lesquelles votre regard vient buter. Le carnet, lui, n’offre rien du tout : il enregistre.

Outil Ce qu’il apporte Là où il s’arrête
Le tirage amoureux Des figures et des symboles qui ne viennent pas de vous, donc capables de vous surprendre. Il ne renseigne jamais sur les intentions réelles d’une personne absente.
L’écriture automatique Votre réaction brute aux cartes, avant qu’elle ne soit reformulée en explication présentable. Elle ne trie pas : une page peut contenir une intuition juste et trois peurs anciennes.
Les deux ensemble Une trace datée de votre lecture, comparable d’une séance à l’autre. Elles n’annulent pas la conversation qu’il faudra bien avoir avec l’intéressé.

Cette dernière colonne mérite qu’on s’y arrête. Un carnet bien tenu finit par ressembler à un miroir, et un miroir ne remplace personne. Quand les mêmes phrases y reviennent sur des mois, ce n’est plus d’un tirage qu’il s’agit, mais d’un sujet à porter ailleurs.

Le vrai moment utile : la relecture à froid

Il arrive plusieurs semaines après, quand vous avez oublié le contexte de la séance. Les phrases écrites sous minuteur perdent alors leur charge émotionnelle et laissent apparaître autre chose : des motifs répétés, un mot qui revient à chaque page, une carte que vous interprétez systématiquement de la même manière quelle que soit la question posée.

Nous conseillons de dater chaque page et de noter en tête les trois cartes tirées, rien de plus. Pas de titre, pas de commentaire ajouté après coup. Au bout de dix ou douze séances, la relecture d’un seul trait devient étonnamment parlante, bien plus que n’importe quelle lecture prise isolément. C’est aussi de cette façon qu’on repère la manière dont ses propres émotions colorent la lecture des cartes sans qu’on s’en rende compte sur le moment.

Les cartes posent la question mieux que nous. Le carnet, lui, note qui la pose.

Ce que vous nous demandez le plus souvent

Faut-il écrire à la main ou au clavier ?

À la main, et pas pour des raisons mystiques. Le clavier permet d’effacer, et une touche de correction suffit à réintroduire exactement le contrôle que l’exercice cherche à contourner. Un stylo qui bave et une page raturée valent mieux qu’un texte propre.

Que faire si rien ne vient pendant les sept minutes ?

Écrire que rien ne vient, puis décrire ce que vous voyez sur la carte de gauche. La panne fait partie de la pratique et se résorbe d’elle-même après trois ou quatre séances. Insister davantage ne sert à rien, allonger la durée non plus.

Peut-on écrire pour poser une question sur quelqu’un d’autre ?

On peut écrire, mais la page parlera de vous. Aucune écriture, aucune carte ne donne accès aux sentiments d’un tiers, et nous nous méfions de toute lecture qui prétendrait le contraire. Si la relation traverse une période réellement douloureuse, un professionnel de l’écoute reste l’interlocuteur juste, avant le carnet et avant le jeu.

Aller plus loin

La même méthode, appliquée cette fois aux arcanes du tarot.

Tarot et écriture automatique

La Brigade de la Vérité. Article mis à jour le 11 août 2026. Repères cités : expérience d’écriture automatique menée par André Breton et Philippe Soupault au printemps 1919, Les Champs magnétiques publié l’année suivante ; définition de l’« automatisme psychique pur » dans le premier Manifeste du surréalisme, 1924. Contenu issu de traditions culturelles et divinatoires, sans validation scientifique ni valeur de certitude.

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