Le Tarot amoureux et les éléments : Comment les forces élémentaires influencent-elles votre relation ?

Tirage Tarot Amour

Retournez un tarot de Marseille carte par carte et cherchez-y le mot « feu », le mot « eau », un symbole d’élément quelque part sur le carton. Vous ne trouverez rien. L’attribution des quatre éléments aux enseignes du jeu n’est écrite nulle part sur les cartes : elle a été ajoutée par-dessus, bien plus tard.

Les quatre éléments constituent une clé de lecture héritée des cercles occultistes de la fin du XIXe siècle : Bâtons pour le feu, Coupes pour l’eau, Épées pour l’air, Deniers pour la terre. Cette grille est largement partagée et reste très utile pour lire une relation, à condition de la présenter pour ce qu’elle est, une convention et non une propriété du jeu.

En bref

  • Les jeux anciens ne portent aucune indication d’élément : la correspondance est une lecture ajoutée.
  • Certaines écoles inversent Bâtons et Épées, donc le feu et l’air : les deux usages coexistent.
  • Les arcanes majeurs n’ont pas d’élément attitré, et il n’existe aucune carte de l’Ange.
  • Compter les enseignes d’un étalement éclaire un climat, jamais un dénouement.

Une convention d’occultistes, pas une loi du tarot

Elle date de la fin du XIXe siècle, quand des auteurs anglais entreprennent de relier le tarot à un système symbolique plus vaste, mêlant éléments, planètes et signes du zodiaque. Ce travail a produit les tables de correspondances que la cartomancie contemporaine utilise encore, y compris celle des enseignes et des éléments. Rien de tout cela ne figure dans les tarots imprimés en France ou en Italie aux siècles précédents, qui restaient d’abord des jeux de cartes.

Nous tenons à cette précision parce qu’elle change la posture du lecteur. Une convention se choisit et s’assume ; une loi s’applique, et l’on se met à chercher pourquoi la carte « ne colle pas ». En cartomancie, quand la grille et le ressenti divergent, c’est presque toujours la grille qu’il faut lâcher. Ces pratiques relèvent d’une tradition symbolique, proposée comme support de réflexion, sans validation scientifique ni valeur de certitude.

Les quatre enseignes, lues côté cœur

Chacune décrit une manière d’aimer plutôt qu’un événement à venir. C’est la nuance qui rend la grille utilisable : elle qualifie une matière relationnelle, elle n’annonce rien.

Enseigne Élément Ce qu’elle dit d’une relation Son revers
Coupes Eau Le sentiment, l’attachement, ce qui circule sans être dit Une relation qui se noie dans le ressenti et ne décide jamais
Bâtons Feu L’élan, le désir, l’envie de commencer quelque chose Une intensité qui retombe dès que le quotidien s’installe
Épées Air Les mots, les explications, la lucidité parfois coupante Des conversations interminables à la place des gestes
Deniers Terre Le concret partagé : le temps, le lieu, ce qui s’installe Une organisation impeccable où plus personne ne se regarde

Signalons l’écart le plus fréquent entre praticiens : certaines écoles attribuent l’air aux Bâtons et le feu aux Épées, en s’appuyant sur l’idée que la lame est forgée dans le feu et que la baguette est un souffle. Aucune des deux options n’est fautive. Choisissez-en une, tenez-vous-y sur la durée, et notez-la quelque part : rien ne brouille davantage une pratique qu’une grille qui change au gré des lectures. Le versant cartomancie de cette même clé est développé dans notre article sur les forces élémentaires dans les tirages amoureux.

Les arcanes majeurs n’ont pas d’élément attitré

Ils échappent au système des enseignes, et c’est là que naissent la plupart des contresens. Les vingt-deux arcanes se rattachent, dans les tables classiques, à des planètes et à des signes, pas aux quatre éléments : la Justice à la Balance, la Force au Lion, l’Empereur au Bélier, le Pape au Taureau. Prêter un élément à l’Amoureux ou à la Lune revient à mélanger deux systèmes distincts.

Trois précisions de vocabulaire évitent des lectures fausses. Il n’existe aucun arcane de l’Ange dans le tarot : des figures ailées apparaissent sur Tempérance, quatorzième lame, et sur le Jugement, vingtième lame, mais aucune carte ne porte ce nom. La Grande Prêtresse n’est pas une carte supplémentaire, c’est le nom donné à la Papesse dans les jeux de tradition anglaise. Quant à la Maison Dieu, seizième arcane, elle représente une tour frappée par la foudre et se lit comme un effondrement soudain, pas comme le foyer conjugal que son nom laisse imaginer.

Quand la grille et le ressenti divergent, c’est presque toujours la grille qu’il faut lâcher.

Compter les éléments d’un tirage, sans en faire un verdict

Le comptage se fait sur les arcanes mineurs seuls, et sur un étalement d’au moins cinq cartes. En deçà, la dominante observée relève du hasard de la coupe. Nous procédons en trois temps, toujours dans cet ordre.

  1. Écarter les arcanes majeurs de l’étalement et les mettre de côté ; ils se lisent après, et selon une autre logique.
  2. Compter les enseignes restantes. Une enseigne qui occupe plus de la moitié des cartes signe un climat, pas une prédiction.
  3. Nommer l’élément manquant. C’est souvent le plus instructif : un tirage amoureux sans aucun Denier décrit une histoire qui ne s’ancre dans rien de concret, et cette absence-là se travaille.

Une lecture par les éléments ne dit jamais si une relation durera. Elle dit de quelle matière elle est faite en ce moment, ce qui est une information d’un tout autre ordre, et nettement plus actionnable.

Ce que vous nous demandez sur les éléments

Deux éléments peuvent-ils dominer à égalité ?

Oui, et c’est fréquent dans les tirages de couple. Une majorité partagée entre Coupes et Épées, par exemple, décrit assez bien une relation où l’on ressent beaucoup et où l’on argumente autant. Le déséquilibre parfait n’existe pas plus que l’équilibre parfait.

Faut-il tenir compte de son propre signe astrologique ?

Nous ne le conseillons pas pour cette lecture. Croiser un thème astral avec un comptage d’enseignes revient à empiler deux systèmes de correspondances qui n’ont pas été conçus ensemble, et le résultat perd en clarté ce qu’il gagne en complexité apparente.

Un tirage très dominé par un élément est-il mauvais signe ?

Aucun élément n’est mauvais, et aucun tirage ne constitue un verdict. Une dominante marquée signale une situation intense, rien de plus. Si ce que vous traversez vous fait durablement souffrir, un professionnel de l’écoute reste l’interlocuteur juste, avant toute lecture de cartes.

Poursuivre la lecture

Après les éléments, l’autre grille qui traverse un étalement : la couleur.

Les couleurs dans vos tirages

La Brigade de la Vérité. Article mis à jour le 11 août 2026. Repères cités : attribution des enseignes aux quatre éléments issue des tables de correspondances établies par les occultistes de la fin du XIXe siècle, absente des tarots anciens ; correspondances Bélier / l’Empereur, Taureau / le Pape, Lion / la Force, Balance / la Justice ; figures ailées présentes sur Tempérance, arcane XIV, et le Jugement, arcane XX. Contenu issu de traditions culturelles et divinatoires, sans validation scientifique ni valeur de certitude.

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