Le Tarot amoureux : Quels symboles d’amour se cachent derrière les cartes ?

Tirage Tarot Amour

On nous demande le plus souvent ce que « veut dire » telle carte en amour, comme s’il existait quelque part une fiche définitive. Il existe surtout des images : un pied qui hésite entre deux femmes, un chien qui aboie vers la lune, une couronne de feuillage fermée sur elle-même. Les symboles amoureux du tarot ne sont pas cachés derrière les cartes. Ils sont dessus.

Les symboles d’amour du tarot se lisent dans le dessin des lames, pas dans une table de significations apprise par cœur. Une hésitation, un lien, un cycle qui se referme : chaque image propose une situation affective, jamais un verdict sur votre couple. Regarder d’abord, interpréter ensuite, c’est l’ordre que nous suivons en lecture.

En bref

  • Le jeu compte 78 lames, dont 22 arcanes majeurs : aucune n’a été conçue spécialement pour l’amour.
  • L’Amoureux montre un choix en suspens, pas un couple heureux.
  • La Force représente une femme et un lion, contrairement à ce qu’on lit souvent.
  • Un symbole éclaire une situation, il ne prédit aucune issue.

Un symbole ne se traduit pas, il se regarde

Il se regarde longtemps, avant même qu’on lui cherche un sens. Posez une lame devant vous et décrivez à voix haute ce que vous y voyez : combien de personnages, qui regarde qui, ce qui est ouvert, ce qui est fermé, ce que tient chaque main. Cet exercice tout bête donne plus de matière qu’une liste de mots-clés recopiée dans un manuel.

Nous y tenons parce que la lecture amoureuse est le terrain où l’on projette le plus vite. Une consultante qui redoute une rupture verra une séparation dans n’importe quelle image comportant deux personnages tournés dans des directions différentes. Décrire avant d’interpréter met un léger ralentisseur entre ce que la carte montre et ce qu’on a envie qu’elle dise.

Une précision qui compte, et que peu de sites posent clairement : le tarot n’a jamais été un objet amoureux à l’origine. C’est un jeu de cartes, dont la lecture divinatoire naît chez Antoine Court de Gébelin vers 1781 puis chez Etteilla en 1783, bien après la fabrication des jeux eux-mêmes. Les 78 lames servent aussi bien à une question de travail qu’à une question de cœur. Ce sont nos préoccupations qui colorent les images, pas l’inverse.

Quatre lames, et ce qu’on y voit réellement

Voici les quatre arcanes qui reviennent le plus dans nos tirages amoureux, avec la description de l’image avant sa lecture. Ouvrez celles qui vous intéressent.

L’Amoureux, arcane VI
Un homme immobile entre deux femmes, un archer ailé au-dessus de lui, prêt à décocher. Le titre est au singulier : la lame parle de celui qui choisit, pas du couple formé. En amour, elle signale presque toujours une décision repoussée, un entre-deux qu’on prolonge parce qu’aucune option ne se laisse abandonner sans deuil.
La Lune, arcane XVIII
Deux tours, deux chiens qui aboient vers le ciel, une écrevisse au fond d’un bassin. Rien n’y est vu clairement, tout y est deviné. C’est la lame des sentiments intenses mais brumeux, des histoires où l’on interprète les silences plutôt que d’écouter les phrases. Elle invite à vérifier ce que l’on croit savoir, pas à s’y fier.
Le Monde, arcane XXI
Une figure centrale dans une couronne de feuillage refermée, entourée de quatre vivants aux angles. Dernier arcane numéroté du jeu, il évoque un cycle qui se boucle. En amour, il accompagne les relations qui ont trouvé leur forme, mais aussi les fins nettes, celles après lesquelles on respire mieux. Un aboutissement n’est pas toujours une histoire qui continue.
La Force, arcane XI
Une femme au chapeau en forme de huit couché, les mains posées sur la gueule d’un lion, qu’elle ouvre ou qu’elle referme selon les lectures. Aucun couple sur cette carte, contrairement à ce qu’affirment beaucoup de fiches en ligne. Elle parle de ce qu’on apprivoise en soi : la colère, le désir, l’impatience. En relation, c’est la lame du calme qui coûte cher.

Deux erreurs de numérotation qui circulent

Elles sont faciles à corriger et évitent de se ridiculiser devant une lectrice expérimentée. La première concerne la Roue de Fortune, régulièrement présentée comme le douzième arcane majeur : elle porte le X. Le XII, c’est le Pendu, une lame suspendue par un pied qui n’a pas grand-chose à voir avec les cycles de la chance.

La seconde tient aux numéros de la Force et de la Justice. Dans le tarot de Marseille, dont la gravure de Nicolas Conver à Marseille en 1760 reste la référence la plus citée, la Justice porte le VIII et la Force le XI. Dans le jeu illustré par Pamela Colman Smith en 1909, les deux numéros sont inversés. Ce n’est pas une coquille d’imprimerie, c’est un choix d’école, et il ne change rien à la lecture amoureuse.

Une carte ne cache rien. Elle montre, et c’est nous qui préférons parfois ne pas regarder.

Les quatre enseignes, ce second alphabet qu’on oublie

Les 56 arcanes mineurs racontent le quotidien de la relation, là où les majeurs racontent ses grands mouvements. Quatre familles, quatre climats affectifs, et une absence notable dans la plupart des articles amoureux : les Deniers, presque toujours oubliés alors qu’ils parlent d’une part très concrète de la vie à deux.

  • Les Coupes portent les sentiments, l’attachement, ce qui se donne et se reçoit. Un tirage qui en accumule signale une période émotionnellement dense, agréable ou non.
  • Les Bâtons portent l’élan, le désir, l’envie d’entreprendre à deux. Beaucoup d’énergie, pas toujours beaucoup de dialogue.
  • Les Épées portent la parole, la lucidité et les conflits. Elles piquent, mais ce sont elles qui font sortir les non-dits.
  • Les Deniers portent le concret : le temps partagé, le logement, l’argent, la construction lente. La part la moins romantique et la plus décisive d’une histoire longue.

Nous détaillons la façon dont ces familles se répondent entre elles dans notre article sur le langage secret des cartes en cartomancie amoureuse, avec des exemples de tirages complets.

Notre façon de faire parler un symbole

Trois gestes, toujours dans cet ordre, et le troisième est celui que tout le monde saute.

  1. Décrire sans interpréter. Ce qui est dessiné, uniquement. Pas de « ça veut dire que » à ce stade.
  2. Chercher le détail qui accroche. Une couleur, une main, un regard de travers. Celui qui vous gêne un peu est presque toujours le bon.
  3. Relier au réel, avec une phrase. Une seule, prononcée à voix haute, du type « ce que je repousse depuis l’été, c’est… ». Si aucune phrase ne vient, la lecture n’est pas mûre, et l’insistance ne fait qu’ajouter du bruit.

Trois questions qui reviennent

Faut-il un jeu de tarot amoureux pour lire l’amour ?

Non. Il existe des jeux thématiques agréables à manipuler, mais aucun n’ajoute de symbole que le tarot classique ne contiendrait pas. Un jeu unique, travaillé longtemps, vaut mieux que quatre jeux effleurés.

Une carte inversée annonce-t-elle une mauvaise nouvelle ?

Pas davantage qu’à l’endroit. L’usage du sens inversé remonte aux premiers manuels de divination du XVIIIe siècle et reste une convention parmi d’autres. Certaines lectrices ne la pratiquent pas du tout, sans que la qualité de leurs lectures en souffre.

Peut-on savoir ce que ressent l’autre à partir d’un symbole ?

Non, et c’est la limite que nous posons le plus souvent. Les cartes travaillent avec votre regard sur la relation, pas avec la conscience d’une autre personne. Quand une situation amoureuse fait durablement souffrir, un professionnel de l’écoute reste l’interlocuteur juste, avant n’importe quel tirage.

Poursuivre

La lame du choix, prise seule et détaillée position par position.

Lire l’Amoureux en amour

La Brigade de la Vérité, mise à jour du 15 août 2026. Repères cités : structure du tarot en 78 lames, 22 arcanes majeurs et 56 mineurs ; naissance de la lecture divinatoire du tarot avec Antoine Court de Gébelin vers 1781 puis Etteilla en 1783 ; tarot de Marseille gravé par Nicolas Conver en 1760 ; jeu illustré par Pamela Colman Smith en 1909, où la Force porte le VIII et la Justice le XI, à l’inverse du Marseille. Contenu relevant de la croyance et de la tradition divinatoire, sans valeur scientifique ni prédiction certaine, et ne remplaçant aucun accompagnement professionnel.

Résumer cet article avec :